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le sourire de Lisette





Mis en ligne sur le site le 2021
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Source : https://www.ouest-france.fr/bretagne/bretagne-dans-l-enfer-d-auschwitz-le-sourire-de-lisette-f741bc84-a34a-11eb-b196-49a3371759cb

Ouest-France du jeudi 22 avril 2021
Dans l’enfer d’Auschwitz, le sourire de Lisette
Déportée à Auschwitz-Birkenau en janvier 1943, Lisette Moru, originaire de Port- Louis (Morbihan) n’en est jamais revenue. Elle avait 17 ans. Stéphanie Trouillard, journaliste à France 24, s’est intéressée à ce destin tragique.
Marie-Louise MORU dite Lisette, à son arrivée au camp d’extermination d’Auschwitz- Birkenau, en janvier 1943. Une rue porte son nom à Port-Louis. | ARCHIVES FAMILIALES/THE ARCHIVES OF THE STATE MUSEUM AUSCHWITZ-BIRKENAU IN OSWIECI

Catherine JAOUEN. 22/04/2021


Déportée à Auschwitz-Birkenau en janvier 1943, Lisette Moru, originaire de Port-
Louis (Morbihan) n’en est jamais revenue. Elle avait 17 ans.
Stéphanie Trouillard est journaliste à France 24. Spécialisée dans les deux guerres mondiales, elle s’est intéressée à ce destin tragique.

Elle le retrace dans un webdocumentaire – « Le sourire d’Auschwitz » – qui sort ce vendredi 23 avril 2021. Trois jours avant la Journée du souvenir de la Déportation.

L’intérêt de Stéphanie Trouillard pour la Seconde guerre mondiale est lié à son histoire familiale. En particulier celle de son grand-oncle, « fusillé en 1944 à Plumelec, après les combats de Saint-Marcel ». La jeune femme en a d’ailleurs fait un livre, « Mon oncle de l’ombre ».

« Ce sourire dans l’enfer sur terre »

« Jusqu’ici, on savait très peu de choses de Lisette MORU, explique Stéphanie Trouillard. Je m’intéresse aux femmes résistantes. Je suis tombée sur la photo de cette jeune couturière, prise à son arrivée au camp d’Auschwitz. Un tel sourire dans cet enfer sur terre... Elle semble défier ses bourreaux. Ça m’a fascinée. »

Commence alors pour Stéphanie Trouillard une enquête longue de deux ans. Ponctuée d’allers-retours à Port-Louis à la rencontre d’historiens locaux, de recherches sur le Net, dans les archives départementales, etc.
Les circonstances de l’arrestation de la jeune Lisette, le 8 décembre 1942, restent obscures. « J’ai finalement appris qu’elle avait été dénoncée, comme son ami Louis Séché. Tous deux avaient dressé des listes de gens qui collaboraient avec les Allemands. »

Stéphanie Trouillard, journaliste à France 24, s’est spécialisée dans les Première et Seconde Guerres mondiales | SARAH LEDUC

Croix de Lorraine sous la veste

La journaliste décrit une jeune fille « frondeuse » , portant une croix de Lorraine dissimulée sous le col de sa veste. Une adolescente au caractère, bien trempé, qui exprime son aversion du nazisme avec toute la fougue et l’inconscience de la jeunesse. « Avec Louis, elle a osé dire « non ». Leur destin a basculé. »

Lisette fait partie du convoi des « 31 000 », le seul composé de femmes résistantes, déporté à Auschwitz-Birkenau le 24 janvier 1943. La jeune Port-Louisienne y meurt de dysenterie, à la fin du mois de mars 1943.

« Une part d’humanité »

« Le sourire qu’elle nous adresse sur ce cliché, 80 ans après, c’est une part d’humanité. De dignité, appuie Stéphanie Trouillard. J’ai souhaité mettre en avant l’engagement de Lisette, jusqu’à la mort. Le sujet reste toujours sensible à Port-Louis. Des descendants des dénonciatrices de Lisette vivent encore dans la commune. »
La Journée de la Déportation devait être l’occasion d’inaugurer la plaque à la mémoire de douze fusillés et déportés de Port-Louis, dont Lisette Moru et Louis Séché. La crise sanitaire en a décidé autrement ; la cérémonie est reportée.