Depuis le mercredi 5 mai 2010, de nouveaux aménagements muséographiques ont été inaugurés au Mont-Valérien, à Suresnes, dans les Hauts-de-Seine.
Le Mont-Valérien, Mémorial de la France combattante, est un haut-lieu de mémoire.
C’est là, au cœur d’une clairière, que furent fusillés de nombreux Résistants, entre 1940 et 1944.
Depuis 2003, tous les fusillés connus ont été gravés sur un moule de cloche, six ans après une proposition de loi initiée par Robert Badinter.
Ils étaient 1006 au départ, 1014 aujourd’hui.
Ce nombre n’est pas définitif : la liste n’est pas exhaustive. Elle peut évoluer.
Elle doit évoluer. Car il manque encore quelques noms de victimes : des oubliés du Mont-Valérien.
Parmi ces oubliés, 10 brestois.
Ils appartenaient à un groupe de 19 militants et Résistants qui travaillaient à l’ Arsenal de la cité du Ponant.
Ils exerçaient les métiers de forgeron, de tourneur sur métaux, d’électricien, de maçon-cimentier, de charpentier-tôlier, d’ajusteur, de menuisier…
Ces ouvriers sont arrêtés en 1942 pour certains, en 1943 pour d’autres.
Ils sont emprisonnés à Brest (Pontaniou), à Rennes, à Fresnes.
Le 28 août 1943, ils tous sont condamnés à mort par un tribunal militaire allemand.
Seize pour «actions de franc tireurs», ayant «commis, dans le département du Finistère de nombreux actes de sabotage et de terrorisme contre les troupes d’ occupation allemandes».
Trois autres pour «agissements en faveur de l’ennemi», ayant «entrepris activement de recréer le parti communiste illégal, dans le but de combattre les troupes allemandes d’occupation».
Ils sont tous fusillés le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien.
Plusieurs documents officiels le prouvent, notamment :
- L’ extrait d’acte de naissance.
- L’ extrait du registre des actes de décès.
- La décision (du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre) portant attribution du titre d’ interné Résistant (avec mention de la date et du lieu de décès).
- Le certificat (du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre) attestant de l’exécution au Mont Valérien.
- Une note du commandant allemand des forces militaires en France indiquant le lieu d’ exécution des ressortissants français condamnés à mort.
Si, depuis leur condamnation, leur tragique destin ne les a pas séparés, la mémoire les divise depuis. En deux groupes. |