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Vichy 10 juillet 1940 – 10 juillet 2020 – communication
de Dominique Noguères et Yvon Huet





Mis en ligne sur le site le 2 août 2020
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Chères amies et amis,


Nous avons assisté à un moment fort de notre histoire le 10 juillet dernier à Vichy pour la commémoration du vote des 80 parlementaires refusant les pleins pouvoirs à Pétain qui voulait mettre fin aux institutions de la 3e République.

Le 10 juillet 1940 fut la conclusion d’une période particulièrement douloureuse qui commença par la liquidation du Front Populaire, la prise du pouvoir par Daladier avec la répression anticommuniste et antisyndicale dans la foulée de l’écrasement de la grande grève de 1938. Les accords de Munich entérinant l’invasion de la Tchécoslovaquie, puis l’invasion de la Pologne et le pacte de non-agression entre Hitler et l’URSS continuèrent à brouiller les cartes.

La débâcle des troupes françaises en juin 1940 a permis à Pétain de se présenter face à une population française déboussolée comme le "sauveur" du pays.

L’histoire de cette période a soit été édulcorée en la réduisant à des appels croisés. De multiples raisons l’expliquent et, parmi elles, le parallélisme souvent trop figé des mémoires de la résistance, la gaulliste, la socialiste et la communiste.

A Vichy la mémoire renait depuis une vingtaine d’année malgré l’opposition de son ancien maire et d’une partie de la population. L’association Vichyssois, Vichystes reste pour cette ville une blessure profonde.

Une reconnaissance officielle par la présence successive du Président de l’Assemblée nationale et du Sénat, ainsi que le travail du maire actuel reviennent sur le déni de mémoire qui semblait être la règle.

Pourtant, sur l’autre rive de l’Allier, à la tête du pont, le maire de Bellerive-sur-Allier a fait déboulonner la plaque en hommage aux 80 quelques instants avant la cérémonie officielle qui précédait celle de Vichy en présence d’Hélène, fille de Jean Zay, de nous-mêmes et de nombreux élus locaux dont certains fraîchement élus.

Cela démontre à quel point encore aujourd’hui les partisans de l’étouffement historique sont toujours actifs. Une protestation de l’Arac de l’Allier a d’ailleurs dénoncé ce scandale.

Dominique a eu un grand-père, Louis Noguères, qui, non seulement fit partie des 80 avant de rejoindre comme beaucoup la Résistance, mais eu la bonne idée de faire un compte rendu détaillé dans un livre aujourd’hui épuisé mais en réserve à la Bibliothèque de France, donc accessible sur son site (Louis Noguères, 10 juillet 40).

Son fils, Henri Noguères, qui dirigea pendant la Résistance la région R3 qui recouvrait la quasi-totalité des départements de l’actuelle Occitanie, prit ensuite la relève en publiant une histoire de la Résistance, la seule qui ait été écrite en collaboration avec un communiste et un gaulliste et qui sert encore de référence.

Lors de la commémoration, le Président du Sénat, Gérard Larcher, évoqua la nécessité de faire vivre l’histoire et non de la nier. Il a rappelé que les habitants de Vichy n’avaient pas choisi de se retrouver capitale de la collaboration.

Il fit aussi un appel à la vigilance quant aux velléités qui, en période de crise profonde, telle que nous la vivons aujourd’hui, peuvent transformer la République en « démocrature, puis en dictature ». Il évoqua ainsi les avis donnés par le Conseil Constitutionnel contre les tentatives liberticides de l’actuel exécutif.

Nous avons voulu marquer, en participant à cet hommage, notre volonté de ne jamais oublier et de chercher toujours ce qui peut contribuer à la vérité historique.

Dominique Noguères et Yvon Huet