Dans les cales du Rosmeur. C'est arrivé un 23 août...


Mis en ligne le 1er juin 2019
Stacks Image 29




Une vue de la PINASSE (collection personnelle d'Anne-Marie Marec-Laès).

Parti le 23 août 1943 pour, officiellement, une campagne de pêche à la palangre, le bateau douarneniste Moïse a en
fait permis à des résistants de rejoindre l'Angleterre... Retour sur le parcours de cette pinasse, grâce à l'équipe de Bagoucozdz.
Construite, en 1931, au chantier Le Gall, la pinasse du patron Joseph Marec, longue de 13 m « de bout en bout », avait été baptisée du nom prédestiné de « Moïse » et immatriculée dans le quartier de Douarnenez, sous le numéro 3.052. Au printemps 1943, Victor Salez, syndic des gens de mer, à Tréboul, et résistant de la toute première heure, dirigeait le mouvement Libération Nord, dans la région douarneniste. De concert avec l'administrateur de la marine, Aristide Québriac, la décision fut prise d'organiser des départs de bateaux vers l'Angleterre. Le 19 août 1943, le Moïse quittait ainsi légalement le port pour une dizaine de jours, avec un équipage de huit hommes, en vue de pratiquer la pêche aux palangres,
© Le Télégramme https://www.letelegramme.fr/finistere/douarnenez/dans-les-cales-du-rosmeur-c-est-arrive-un-23-aout-23-08-2017-11637804.php#q5FJzgB32JSI1rWR.99

au large d'Armen. Cependant, au cours de la nuit du 23 au 24 août, la pinasse est discrètement revenue à proximité de la plage de Pors-Piron, sur la côte de Beuzec-Cap-Sizun. À minuit pile, elle accostait par l'arrière, au fond de la crique de Lanvers, et embarquait quatorze passagers clandestins, dissimulés dans les anfractuosités de la falaise.

Moïse en Terre promise

Le cap de Land's End était visible à l'horizon, au matin du mercredi 25 août, et la barque s'est amarrée, peu avant midi, au quai de Newlyn, en Cornouailles anglaise, 36 heures après son départ du petit port-abri finistérien. À l'instar du personnage biblique éponyme, conduisant son peuple vers la Terre promise, le bien nommé Moïse avait accompli vaillamment sa mission, en transportant, sans encombre, son équipage et sa précieuse cargaison vers l'Angleterre, sur les chemins de la France Libre. Dans les jours qui suivirent l'évasion, on put entendre à plusieurs reprises sur Radio-Londres, au fil de l'émission Les Français parlent aux Français, l'indicatif convenu pour signaler l'arrivée à bon port : « J'aime le beurre de Bretagne » !

Pratique
Pour plus d'informations, consulter bagoucozdz.fr, site internet dédié à la conservation du patrimoine maritime douarneniste.
© Le Télégramme https://www.letelegramme.fr/finistere/douarnenez/dans-les-cales-du-rosmeur-c-est-arrive-un-23-aout-23-08-2017-11637804.php#q5FJzgB32JSI1rWR.99