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Les cérémonies au pied du monument aux morts se succèdent dans l’année au rythme des commémorations pour telle ou telle bataille, pour telle ou telle armée. Celle qui accompagne la journée du 27 mai se colore toujours un peu différemment. Surtout, peut-être, parce que des élèves la rejoignent fréquemment pour lire un texte. Surtout, plus certainement, parce que la Résistance occupe une place supérieure dans la construction collective de la France d’après-guerre. Aussi, quand la sonnerie aux morts glace l’instant en ce jour souvent clément, l’émotion, telle un brouillard invisible, semble envelopper l’aréopage des élus et autorités de tout poil qui s’est rassemblé là.


Le souvenir d’un sacrifice

Ce lundi, pas de dérogation à la règle. Il faut dire que la version instrumentale jouée fort du « Chant des partisans », servie juste avant, avait déjà rameuté sur la place celles et ceux qui, au mépris de leur peur, de leur famille et de leur vie, ont payé la gabelle à la liberté massacrée.
Et peu importe que cette armée des ombres s’invite entre une poignée de députés, ceintrés de bleu blanc et rouge, de maire et d’adjoints, de ses opposants, d’un amiral ou d’un préfet. Elle y est convoquée, invoquée même, par les textes lus en préambule par des élèves de l’Harteloire qui ont rappelé le martyr des Résistants, leur union dans le melting-pot politique et syndical convoqué un jour de mai 1943 par Jean Moulin, rue du Four, à Paris. Un 27 exactement. Elle s’est rappelée de Caluire, de la Gestapo et de la chute du chef, sans un mot. Elle s’est souvenue de son sacrifice, dans le texte d’Alexis Le Gall, FFI vivant dans le Sud-Finistère encore aujourd’hui.

Quand on n’a que l’amour

Et il y a les fleurs. Les traditionnelles en gerbe puis les roses rouges, portées une à une par des élèves mutiques comme en procession pour un geste qui s’apparente à de l’amour. L’amour que célébrait quelques heures auparavant Anne Friand, fille de résistant, dans l’amphithéâtre de l’Harteloire et porté en vertu cardinale pour échapper aux barbares. Les cérémonies au pied du monument aux morts se succèdent toute l’année. Celle du 27 mai est définitivement à part. Surtout quand retentit la sonnerie aux morts.

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