Kerbiquet. Étienne Pengam, témoin du crash du 18 juin 1940

Mis en ligne le 12 juillet 2019
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Le 18 juin 1940, un hydravion Walrus s’est crashé en plein champ à Kerbiquet, à Ploudaniel. À son bord, trois soldats et un agent secret britannique envoyés en mission secrète sur ordre du Premier Ministre Winston Churchill pour un sauvetage. Celui de madame De Gaulle et de ses enfants, en résidence alors à Carantec.

Le capitaine des services secrets britanniques, Norman Edward Hope, le caporal britannique Felix Nowell, les sergent et lieutenant australien Charles William Hope et John Napier Bell ne sont jamais arrivés à Carantec, mais à quelques centaines de mètres de Trégarantec. Etienne Pengam, qui avait alors 17 ans se souvient. « Pour moi, l’avion a dû tomber vers 5 h 30-6 h ». Trégarantécois, habitant le quartier de Toul al Lan, il a vu la fumée. « Je n’habitais pas loin, on était jeune, on y est parti en courant », se souvient-il. L’insouciance de la jeunesse a vite été rattrapée par la réalité. « L’avion fumait encore, j’y suis arrivé vers 10 h, j’ai vu trois corps alignés, le moteur était en morceau… »

« L’Australie n’est pas en guerre »

À son arrivée, le jeune Étienne ne sait pas de quelle nationalité est l’avion. « On ne savait pas s’il était allemand et après on a vu qu’il était australien. On s’est dit, « mais l’Australie n’est pas en guerre ! » ». Étienne se souvient de quelques curieux autour de l’avion. « Hope et Bell ont été les deux premiers australiens morts dans le conflit », souligne Joël Marchadour, maire de Ploudaniel.

« Résistance »

À partir de 1943, Étienne Pengam entre dans les Forces Française de l’Intérieur (FFI). « On faisait partie de l’équipe de Ploudaniel, avec comme chef, entre autres, Aimé Talec. Toute l’équipe qui nous commandait a été embarquée par les Allemands ». Parmi les douze enfants de la famille Pengam, Vincent, Yves, Jospeh qui a fêté ses 99 ans il y a quelques semaines et Étienne se sont engagés dans la résistance. « Personne dans la famille n’était au courant. Même nous, pendant un moment, on ne savait pas que nos frères y étaient. On était dans l’équipe de Trégarantec, avec Ploudaniel ». En attendant, ses souvenirs restent intacts sur le crash du 18 juin 1940. Dans la nuit du 17 au 18 juin 1940, d’après des recherches, le brouillard était épais. « L’avion venait du nord », précise-t-il. S’est-il perdu ? A-t-on confondu Carantec et Trégarantec ? Le mystère reste entier… Comme chaque année, une cérémonie aura lieu le 18, à 18 h devant la stèle de Kerbiquet.

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