« La paix et la liberté sont la garantie du bonheur des peuples » Serment de Mauthausen, 16 Mai 1945

AUX GUERRILLEROS ESPAGNOLS MORTS POUR LA FRANCE ET LA LIBERTE 1940-1945 INTERIEURJ.O. N. 64 NC. DU 22-7-1976 DE L'AMICALE DES ANCIENS GUÉRILLEROS ESPAGNOLS EN FRANCE (F.F.I.)

  

PARTOUT
Nombreuses initiatives pour la mémoire républicaine et résistante
La masse des enfants des réfugiés de 1939 sont nés au lendemain de la Libération. Pour beaucoup d’entre eux l’heure de la retraite professionnelle celle-là – a sonné ou va sonner. Dans notre Amicale et dans les associations amies nous constatons avec satisfaction qu’une part de cette « 2e génération » de l’exil républicain et résistan est en train de prendre la relève qu’espérait la 1re génération, qu’elle s’investit davantage aux côtés des derniers vétérans actifs et se dispose à poursuivre leur combat pour la Mémoire, donc pour l’Histoire. Ce mouvement de relève explique, pour partie, que dans toute la France, on observe une floraison d’initiatives autour de la guerre d’Espagne et ses suites. Dans le présent numéro de ce modeste bulletin, sont relatées ou annoncées
des manifestations très variées dans dix départements : l’Allier, la Dordogne, le Gard, le Gers, la Gironde, la Haute-Garonne, le Lot-et-Garonne, les Pyrénées Orientales, le Tarn-et-Garonne et l’Yonne ; faute de place (et de capacité rédactionnelle) nous n’avons pu évoquer cette fois les actions en préparation dans l’Ariège, l’Aude, la Haute-Vienne, l’Hérault, l’Ille-et-Vilaine, l’Orne, les Pyrénées Atlantiques, etc.
L’Amicale des Anciens Guérilleros Espagnols en France – FFI s’inscrit dans ce foisonnement, avec son héritage spécifique. Pour le printemps 2009 des conseils régionaux, des départements, degrandes villes, se préparent à commémorer la fin de la Guerre d’Espagne, l’exode forcé (ce que certains ont appelé la « Retirada »), les camps de concentration (que certains tiennent à tout prix à qualifier  « d’internement »)… Nous nous félicitons de ce mouvement : les moyens politiques, culturels, financiers, des collectivités et institutions sont bienvenus. Ils ont trop longtemps fait défaut.
Simultanément, veillons à ce qu’en 2009 – tout au long de l’année –on commémore non seulement une défaite suivie d’une catastrophe« humanitaire », mais aussi l’ouverture d’une 2e page du combat antifasciste commencé en Espagne, qu’on réfléchisse aux responsabilités des « Non Interventionnistes » puis « Munichois » qui ont facilité (à des degrés divers bien sûr) la guerre hitlérienne et la chute de la IIIe République, qu’on dise le courage de ceux qui très vite allaient se réorganiser reprendre les armes, pour la liberté de l’Europe, jusqu’à « La Victoire », dont encore ils seraient volés.
Veillons, autant que nous pouvons, à ce que la parole soit donnée le plus possible aux survivants, que soient évités la déformation de la dure réalité qu’ils ont vécue, le masquage des nobles idéaux qui les ont galvanisés, le silence sur leurs légitimes espoirs – inaccomplis – de renversement du franquisme…
Henri Farreny

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AGENDA RÉPUBLICAIN à consulter sur les sites
« Espagne au coeur » :
 
http://site.voila.fr/espana36

et « MER 47 » :
 
http://mer47.free.fr
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Le mardi 14 avril 2009, ce sera le 78e anniversaire de l’avènement de la République espagnole. Dix jours auparavant, le Samedi 4 avril 2009, Mémoire de l’Espagne Républicaine du Tarn-et-Garonne, appuyée par des associations de divers départements, appelle à un rassemblement à Montauban, où repose le dernier président Manuel Azaña, en hommage à la République, son oeuvre, son actualité. Des délégations d’Espagne sont attendues. Qu’on se le dise :
Tous à Montauban le 4 avril 2009 !

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 En 2036, la 36e Olympiade sera-t-elle ouverte par le président de la IIIe République espagnole ???

 « ¡ Desde Beijing un amistoso saludo republicano ! ». C’est ainsi que notre ami Rodolfo Rubiera termine le message qu’il nous a adressé de Pékin, accompagné des deux photos reproduites ci-après (hélas nous ne disposons pas de la couleur). Dans les tribunes du stade olympique, Rodolfo a brandi le drapeau de la République, estimant que le souvenir de celle-ci ne pouvait être absent de cette grande fête de la fraternité entre les peuples. Et il appuie son geste par ces mots superbes : « En 1936, pour boycotter Hitler et ses jeux de Berlin, la República Española organisa des Olympiades populaires. Prévues à Barcelone du 22 au 26 juillet (avec inauguration le 19), elles ne purent avoir lieu, car dans la nuit du 18 au 19 juillet ce fut le putsch de Franco. Faisons un pari avec l’Histoire : qu’en 2036 soient organisés à Barcelone les jeux de la 36e olympiade et qu’ils soient déclarés ouverts par le président de la IIIe République espagnole ¡ Hójala ! ». Fils de réfugié républicain, fervent militant de Mémoire de l’Espagne Républicaine du Lot-et-Garonne (MER 47) et de notre amicale, Rodolfo est aussi depuis longtemps un actif sportif, très investi pour la collectivité (il est notamment membre du Comité départemental d’athlétisme du Lot-et-Garonne et arbitre officiel de la Fédération). ¡ Hójala Rodolfo !

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PYRÉNÉES-ORIENTALES
Cérémonies à La Bastide et Valmanya
 
Dimanche 3 août 2008, comme chaque année depuis la Libération, deux cérémonies d’hommage se sont succédées à La Bastide puis à Valmanya, à l’initiative de l’ANACR, de l’ARAC et de l’AAGEF-FFI. Valmanya, village martyr, pillé, saccagé et incendié en août 1944 par les troupes nazies et la milice française, dans leur hargne à détruire les réseaux résistants de la zone, notamment celui de René Horte, rejoint par un groupe important de guérilleros espagnols et le maquis Henri Barbusse. Les maquisards vont résister jusqu’à la mort pour retarder l’avancée des attaquants, et permettre le repli et la mise à l’abri des habitants; ceux qui resteront dans le village seront violentés, torturés et fusillés. Pendant ce temps, sur la commune de La Bastide, à 8 km sous Valmanya, trois républicains espagnols sont arrêtés, mutilés et exécutés, Estebán Alcaina García, Josep Ribes Rafols et Joan Rigat Junca. C’est au pied de leur tombe que débute la journée en présence d’une nombreuse et prestigieuse assemblée. Nous remercions notamment nos amis de l’association «Triangle Blau» de Figueras, venus nombreux en autocar. Après le dépôt des gerbes de fleurs aux couleurs de la France et de l’Espagne Républicaine, la minute de silence et le recueillement, les personnalités présentes vont se relayer au micro.
Nous entendrons les interventions de monsieur Daniel Baux, maire de La Bastide, de monsieur Christian Bourquin, président du Conseil général, de notre ami et président national Narcis Falguera, particulièrement ému, une émotion ô combien partagée avec Henri Martinez, président départemental de l’Amicale et survivant de cet épisode résistant.
Mais, le fait le plus marquant de cette commémoration 2008, porteur d’un message tellement fort et symbolique à notre sens, auraété sans conteste, la présence, pour la première fois (depuis 63 ans !) d’un représentant officiel de l’État français en la personne de monsieur le préfet des Pyrénées-Orientales Hugues Bousiges, que nous remercions très chaleureusement pour son initiative personnelle et son engagement, exprimé tout au long de son discours, en faveur d’une reconnaissance nationale des faits d’armes et des sacrifices des républicains espagnols pour la libération de la France, pour la Liberté et pour la Démocratie.
Quelques extraits particulièrement remarquables du discours de M. le préfet :
•« En qualité de soldats des armées françaises, les prisonniers de guerre auraient dû bénéficier de la protection des conventions de Genève, que l’Allemagne avait ratifiées... mais leur passé d’opposants au franquisme… et leur qualité d’émigrés, les rend doublement haïssables du point de vue de l’idéologie nazie…
• N’oublions pas non plus que les Compagnies de Travailleurs Étrangers ont été à l’origine des premiers maquis de la Résistance, notamment dans le Sud-Ouest avec le groupe des guérilleros espagnols FFI…
• C’est pourquoi la France doit tant à ces hommes fiers et valeureux, animés d’un idéal républicain inébranlable…
• Le symbole du guérillero barrant le passage à la tyrannie du monument national de Prayols représente parfaitement la lutte pour la démocratie de ceux qui ont su redonner au mot Liberté ses lettres de noblesse…
• Trop longtemps oubliés et méconnus, les guérilleros espagnols méritent la reconnaissance de la France…
• Tant que durera ma mission dans ce beau département des Pyrénées-Orientales je serai présent - tous les ans - aux cérémonies de commémoration qui se déroulent tant à La Bastide qu’à Valmanya.»
Le choeur du Groupe Memòria clôturera la première cérémonie par l’interprétation de La Marseillaise et de El Himno Guerrillero. Avant que le cortège ne se défasse pour se reconstituer au village de Valmanya où il sera rendu hommage à la résistance catalane et aux morts de ce mois d’août 1944.

Chantal Semis