Décès de Colette NOL
Articles du Télégramme
photo du journaliste Jean Lesaint
Ouest-France
photo de Edgard De Bortelli

Le 07 10 2013
Communiqué de presse du Comité ANACR du Pays Bigouden :
Une grande Résistante nous a quittés.
Notre camarade et amie Colette Noll est décédée le 4 octobre 2013. Nous disons ici à sa famille, à ses amis, combien nous déplorons la perte de cette grande dame qui faisait tant honneur à notre Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance (ANACR) et combien nous leur adressons avec affection, nos condoléances attristées et notre sincère amitié.
Elle était issue d’une "famille républicaine, patriote et catholique". Elle avait 17 ans et était lycéenne à Paris lorsque la France a été envahie par les armées allemandes. Elle refusa cette présence militaire dans les rues de la capitale, présence "arrogante et omni présente" comme elle nous l’a dit. C’est ainsi qu’elle participa à la première grande manifestation résistante le 11 novembre 1940 à l’Arc de Triomphe. Devenue étudiante en philosophie à la Sorbonne, et en continuant la lutte, elle donnait des cours pour payer ses études. Fin 1941 elle intégra le Front National étudiant (le "vrai" comme elle disait) qui rassemblait, canalisait et organisait toutes ces jeunes volontés de Résistance. Elle organisa au Quartier Latin la lutte contre les mesures antijuives - port de l’étoile, sabotage en Sorbonne des cours organisés par le haut commissariat aux question juives – accompagnée de propagande antinazie.
En mars 1943, sur dénonciation, arrêtée par la Gestapo, elle passe 5 mois en prison à Fresnes . A sa sortie elle intègre les FTPF, branche militaire et armée du Front National. En avril 1944, de nouveau dénoncée et arrêtée par la Gestapo, elle retourne à Fresnes, est mise au "secret", puis suit comme elle dit le "parcours classique vers la Déportation" : Fort de Romainville, Sarrebruck, Ravensbrück et enfin Sachsenhausen.
A Ravensbrück, dépouillée de ses vêtements elle prend la tenue bien connue : robe rayée, foulard et galoches. Elle devient une "Stücken" (un objet). Son parcours se poursuit à l’usine Siemens, dans un kommando près de Berlin. Les multiples bombardements américains font des ravages … mais l’usine est épargnée. Le Kommando de 800 femmes est évacué au camp de concentration de Sachsenhausen où, faute de place, les SS commencent à utiliser la chambre à gaz. Elle y échappe "par miracle". Le 21 avril 1945 commence la marche forcée sur "les routes de la mort". 300 kilomètres. Plus de deux semaines terribles puis c’est la libération par les troupes soviétiques.
Deux autres semaines plus tard "je suis rapatriée en France et j’arrive à l’hôtel Lutétia à Paris où m’attend ma famille".
Résistante et Déportée, Déportée parce que Résistante, Colette était Présidente d’Honneur de notre Comité ANACR du Pays Bigouden et participait à toutes nos réunions et cérémonies quand elle le pouvait.
Un hommage public, souhaité par notre association et la famille, devait lui être rendu en ce début de semaine, avant le transport du corps à Bry-sur-Marne. Cela n’a pas été possible du fait de la législation générale concernant les obsèques. Cet hommage à Lesconil, souhaité par Colette, est ainsi reporté au dernier dimanche d’avril 2014, "Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la Déportation".
Nous y donnons rendez-vous à tous ceux qui ont connu et aimé Colette, et même, au-delà, à tous ceux qui partagent les valeurs qui étaient les siennes.
Lorsque nous l’avions interviewée il y a quelques années son message pour les jeunes, pour l’avenir, était le suivant : "Respecter la liberté des peuples, rejeter toute guerre, quelle qu’elle soit, car ce sont toujours les innocents qui paient, combattre pour la paix et la compréhension entre les peuples, tels sont mes buts après ce vécu …"
La vie de Colette, après-guerre, a été empreinte, jusqu’à sa mort, de ces principes humanistes et des valeurs issus de la lutte clandestine dans la Résistance en France et des 13 mois effroyables de déportation qu’elle a subis en Allemagne. Elle mérite notre respect et notre reconnaissance.
Elle était titulaire de la Légion d’Honneur, de la Médaille Militaire,
de l’Ordre du Mérite, de la Médaille de la Résistance …


Edgard De Bortoli
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