Morlaix. Elles veulent rendre hommage aux Résistants
OUEST-France – Morlaix Publié le 30/05/2017
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  • Émilie Teurnier et Gaud Pirou ont participé au concours national de la Résistance et de la Déportation. Gaud a reçu une mention spéciale. | Ouest-France
Gaud Pirou et Émilie Teurnier, élèves de 3e à Mendès-France, ont participé au Concours national de la Résistance et de la Déportation. Gaud a reçu une mention spéciale.

Elles sont passionnées d’histoire. Aussi, quand Ismaël Dupont, documentaliste au collège Mendès-France, leur a proposé de participer au Concours national de la Résistance et de la Déportation, cela a été une évidence. « Au départ, nous avons commencé à travailler à six sur le sujet des personnes déportées de Morlaix, notamment sur la rafle de 60 otages, le 26 décembre 1943, mais le temps a manqué au groupe pour finaliser le projet », racontent les deux collégiennes.

Alors, Gaud Pirou et Émilie Teurnier ont poursuivi seules et ont présenté individuellement un devoir au jury départemental. Gaud a même remporté une mention spéciale. « La seule dans le pays de Morlaix », souligne Ismaël Dupont.

« La négation de l’homme dans les camps nazis ». Le sujet a visiblement interpellé les deux élèves de 3e. Ces derniers mois, elles ont entendu le témoignage de Lucienne Nayet, enfant cachée dont le père a été déporté à Auschwitz. Elles ont aussi beaucoup lu sur le sujet : des histoires vraies ou romancées, et des bandes dessinées.

Lecture de témoignages

L’histoire d’une jeune Juive, L’Enfant caché, de Lizano-Dauvillier, une bande dessinée offerte par sa grand-mère, a beaucoup touché Gaud. « Surtout au moment où l’on force les Juifs à porter l’étoile jaune. Du jour au lendemain, les gens étaient considérés comme du bétail. »

Émilie a lu Primo Levi : « Dès le début, on est plongé dans l’univers des familles en partance pour les camps. Malgré ça, les mères continuent à nourrir leurs enfants. »

Elles ont beaucoup à dire sur les actes de résistance dans les camps. « Le fait de continuer à faire sa toilette malgré le froid, pour garder sa dignité. Les opérations de sabotage par les déportés relevaient de la mission impossible », poursuit Gaud.

Au cours de leurs lectures, elles ont été confrontées à des choses abominables.
Qu’est-ce qui justifie le fait qu’elles s’intéressent à ce pan de l’histoire ?
Pour Émilie, « la connaissance permet la liberté de jugement ». 
De son côté, Gaud raconte avoir gagné en maturité : « En se penchant sur ces événements, on découvre des horreurs d’un coup, alors que l’on est persuadé que tout va bien. » 

Les deux amies sont unanimes sur la nécessité de se souvenir : « C’est prévenir de certaines idéologies totalitaires. Penser à ces gens, c’est résister à l’oubli qui est néfaste. »

Lauréate, Gaud part demain en Normandie pour deux jours, au Mémorial de Caen, sur des lieux de mémoire de la guerre et sur les plages du Débarquement.